Préparez-vous à recevoir des coups : pourquoi lancer un business en France vous expose à un risque sérieux





J’écris cet article à la table d’un restaurant, à Bangkok (Thaïlande), le 26 février.

Dès qu’on lance un projet, et qu’il commence à se faire connaître, on reçoit souvent beaucoup de critiques constructives. Et c’est une bonne chose.

On fait aussi l’objet d’attaques personnelles violentes. D’insultes. Qui font d’autant plus mal qu’on s’est donné à fond pour réaliser le projet en question. Qu’on a tout donné.

Parfois, ces critiques n’ont rien à voir avec votre business ou votre activité. Elles visent votre physique, votre sphère personnelle ou familiale, vos choix de vie.

Je l’ai vécu par le passé, sur d’autres projets. Et j’en ai souffert. Au point d’avoir tout abandonné. C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’étale pas ma vie personnelle, ni ici, ni ailleurs.

Qui sont les trolls ?

Dans 90% des cas, les critiques personnelles et non constructives sont le fruit de la jalousie ou de l’ennui. Bref, rien de sérieux.

Et dans 100% des cas, elles sont émises par des gens qui, de toute évidence, n’ont absolument aucune influence auprès de vos clients potentiels : ils font partie d’un autre univers.

Au début de Webmarketing Junkie, par exemple, j’ai reçu plusieurs dizaines d’emails de militants politiques, qui probablement s’étaient donné le mot. Ils n’avaient visiblement rien lu de mon blog, puisque leurs critiques (violentes et personnelles) étaient tout à fait incohérentes avec le contenu qui est publié ici. Elles me reprochaient d’avoir écrit des choses que je n’avais ni écrit… ni même pensé. Bref.

Comment répondre aux attaques ?

Ce qui fonctionne le mieux, c’est de montrer à son interlocuteur qu’on ne le prend pas au sérieux, en redoublant de politesse lorsqu’il vous envoie des insultes. De ne surtout pas se prêter au jeu, et d’avoir une attitude exactement inverse de celle qu’il cherche à provoquer.

Bref, de le ridiculiser en beauté, et avec élégance. C’est ma technique préférée, et je prends un malin plaisir à l’appliquer dès que j’en ai l’occasion.

Quand quelqu’un me manque de respect, que ce soit dans la «vraie vie» ou sur le web, j’aime lui répondre encore plus poliment qu’à mon habitude. En général, ça calme. L’effet obtenu, c’est que votre agresseur ne sait plus quoi dire. Il est déstabilisé.

Essayez, vous serez surpris :

Un auteur sur la psychologie, dont j’ai oublié le nom, donnait une astuce étonnante pour réagir en cas d’agression, dans la rue. Il suffit de répondre à l’agresseur, de façon très calme, quelque chose de complètement déplacé.

Comme par exemple : «Vous ne trouvez pas que les murs sont très hauts dans cette rue ? En Espagne, ils ne sont pas aussi hauts ! Vous voyez ce mur ? Il est tellement haut qu’un chat ne pourrait jamais l’escalader.» (de mémoire, c’est un exemple cité dans le livre de cet auteur, et qui l’a sauvé d’une agression. Il explique les mécanismes psychologiques qui font que cette astuce désarmera votre assaillant dans 95% des cas).

Bref, sur le web, c’est le même principe : ne surtout pas jouer le jeu de son interlocuteur, et le déstabiliser de façon douce, pour qu’il vous lâche enfin.

En France, le sarcasme fait partie de la culture

Dans la culture Bouddhiste, et en particulier en Thaïlande, il est excessivement mal vu de s’énerver. Ici, la colère est une tare.

Elle est la marque d’un manque d’équilibre, d’une souffrance intérieure… Bref, si vous vous énervez, dans la culture Bouddhiste, ça veut dire que vous avez clairement un problème. Que vous êtes un déséquilibré. Vous ne résoudrez rien en haussant le ton, bien au contraire.

D’ailleurs, ici,ça va très loin. Même la critique constructive est évitée. Critiquer publiquement une entreprise est un délit, même si la critique est fondée, et prouvée.

En France, c’est l’extrême inverse. Depuis les courtisans du XVIIè Siècle aux humoristes actuels, on aime le sarcasme. On aime la polémique. Les pamphlets, les parodies, les caricatures.

Des pamphlétaires du XVIIè siècle à Stéphane Guillon, rien n’a changé. Cet intérêt est certainement plus développé en France que nulle part ailleurs au monde. Il est ancré dans la culture, dans l’histoire, dans la vie de tous les jours.

Regardez simplement comment les gens sont accueillis à la télévision. Avec quelle violence. Les chroniqueurs et autres trolls professionnels donnent le ton. Troll, c’est un métier. Et un métier respecté, estimé, et remarquablement bien payé.

Encore une fois, le souci n’est pas la critique constructive. Ce sont les attaques infondées. Qui ont d’ailleurs souvent pour résultat d’occulter les vrais problèmes.

En lançant un service, un blog ou une marque sur le marché francophone, il faut donc faire avec. Et s’attendre à recevoir de sérieux coups de bâton.

L’avantage de s’y attendre, c’est que ça donne le temps de se préparer à y faire face calmement, sans quitter le navire, même si la tentation de le faire est souvent là quand on reçoit un coup qui blesse au coeur.


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